L’autisme chez les garçons

Les troubles du spectre autistique (TSA) sont quatre à cinq fois plus fréquents chez les garçons que chez les filles. Une étude récente suggère que l’autisme chez les garçons peut être le résultat de défauts dans les cellules immunitaires appelées cellules microgliales.

L’étude, publiée dans Nature Communications, a examiné les effets d’un ensemble de mutations génétiques qui représentent un petit pourcentage des troubles du spectre autistique. Ces mutations sont connues pour provoquer une surproduction générale de nombreuses protéines dans les cellules cérébrales, mais la façon dont cette surproduction conduit à des comportements autistiques a jusqu’à présent été un mystère.

Une surproduction de protéines cérébrales, corrélée à l’autisme

Les scientifiques ont trouvé des preuves que l’effet le plus pertinent de cette surproduction de protéines se produit dans les cellules immunitaires du cerveau appelées cellules microgliales. Normalement, ces cellules raccourcissent les connexions inutiles du cerveau à mesure qu’il se développe dans l’enfance. En travaillant avec des souris, les scientifiques ont déterminé que la surproduction de protéines affecte les cellules microgliales d’une manière qui empêche leur fonction, mais uniquement chez les mâles, entraînant des déficiences comportementales sociales semblables à l’autisme.

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Cette constatation est corroborée par l’observation courante selon laquelle les troubles du spectre autistique sont quatre à cinq fois plus fréquents chez les garçons que chez les filles. Cela concorde également avec les preuves récentes selon lesquelles chez les personnes atteintes de TSA, le cerveau a généralement un nombre de synapses plus élevé que la normale.

La présente étude suggère que les troubles de la microglie jouent un rôle clé dans le développement des comportements autistes, au moins dans certains cas, et peuvent aider à expliquer la prévalence plus élevée des TSA chez les hommes, selon les scientifiques.

Ainsi, la microglie pourrait être une bonne cible pour les futurs médicaments potentiels qui préviennent ou traitent les troubles du spectre autistique.

L’autisme survient chez environ 2,4% des garçons et 0,5% des filles et implique une variété d’anomalies, y compris des compétences sociales altérées, des comportements répétitifs et une hypersensibilité au son et à la lumière. La recherche suggère que ces troubles sont en grande partie génétiques, mais peuvent être causés par des anomalies dans une variété de gènes différents qui agissent seuls ou en combinaison.

À ce jour, plus de 100 mutations et variantes génétiques ont été associées aux TSA.

Un ensemble d’anomalies géniques liées à l’autisme – qui incluent des mutations dans les gènes PTEN, TSC1, TSC2 et FMR1 – représentent environ 3% des cas d’autisme. L’effet commun de ces anomalies est qu’elles perturbent une voie qui régule normalement le niveau de production de protéines dans les cellules, permettant ainsi d’augmenter la production de protéines.

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L’équipe de chercheurs impliqués dans cette étude a cherché à déterminer s’il existe un type spécifique de cellule dans le cerveau qui explique le lien entre l’augmentation de la production de protéines et les comportements similaires aux troubles du spectre autistique. Les souris ont produit des niveaux anormalement élevés d’un facteur de production de protéines appelé eIF4E, considéré comme l’un des événements communs reliant PTEN, TSC1 et d’autres mutations liées à l’autisme qui augmentent la production de protéines.

Des anomalies de la TSA, développées uniquement chez les hommes

L’équipe a découvert que lorsque des niveaux élevés d’eIF4E apparaissaient dans les cellules microgliales, les souris développaient des anomalies de type TSA dans le comportement social, ainsi que des troubles cognitifs et des comportements répétitifs. Bien que la production de protéines ait augmenté dans les cellules microgliales chez les souris mâles et femelles, des anomalies de type TSA ne se sont produites que chez les souris mâles.

Les mêmes anomalies comportementales n’ont pas du tout été observées lorsque des niveaux élevés d’eIF4E se sont produits dans des neurones ou des cellules auxiliaires appelées astrocytes, bien que les souris dont les neurones avaient des niveaux élevés d’eIF4E aient présenté des comportements plus anxieux.

Les chercheurs ont recherché dans les cellules microgliales affectées des indices sur la façon dont une synthèse protéique accrue dans ces cellules pourrait entraîner des changements de comportement semblable à l’autisme. Ils ont constaté que chez les jeunes souris mâles, les cellules microgliales des régions cérébrales importantes, y compris le cortex préfrontal médian et l’hippocampe, étaient significativement plus grandes et également plus nombreuses, tandis que chez les femelles, ces changements étaient beaucoup plus subtils et transitoires.

En outre, les chercheurs pensent que d’autres tests sont nécessaires pour savoir exactement pourquoi la croissance des protéines affecte davantage la microglie chez les hommes que chez les femmes. Cette découverte pourrait s’avérer être une pièce importante du puzzle des différences entre les sexes dans l’autisme et pourrait suggérer de nouvelles cibles pour le traitement des troubles du spectre autistique.