Infarctus du myocarde – de quoi s’agit-il?

Généralités

L’infarctus du myocarde représente la nécrose d’une partie plus ou moins importante du myocarde, à la suite d’une obstruction soudaine d’une artère coronaire. Pendant l’infarctus du myocarde, l’irrigation du cœur ne se fait plus, faute de sang et d’oxygène, les cellules du myocarde meurent, libérant leurs enzymes cardiaques qui détruisent les tissus environnants. Survient la nécrose ischémique myocardique, qui se traduit généralement par une réduction brutale du flux sanguin coronaire vers un segment du myocarde. Elle survient généralement dans le ventricule gauche. Les hommes sont au moins deux fois plus souvent touchés que les femmes, souvent avant l’âge de 60 ans.

Causes

L’obstruction de l’artère coronaire est presque toujours la conséquence de la formation d’un caillot sur une plaque d’athérome, constituée de dépôts de cholestérol, sur la paroi artérielle interne. Cette condition survient le plus souvent chez les patients présentant des facteurs de risque tels que le tabagisme, l’hypertension artérielle, un taux de cholestérol supérieur à 3,40 grammes par litre, le diabète, un mode de vie sédentaire, un surmenage professionnel.

Symptômes

Environ la moitié des cas présentent un infarctus du myocarde qui survient après une période plus ou moins longue au cours de laquelle le sujet souffre d’angine de poitrine, de convulsions douloureuses survenant soit à la marche, en particulier par temps froid et venteux, soit au repos, de préférence la nuit. Ces douleurs (sensations de resserrement, de brûlure, parfois d’écrasement) sont ressenties derrière le sternum et peuvent irradier dans le bras gauche, vers la mâchoire, parfois dans le dos; ils disparaissent en deux ou trois minutes.

Dans la moitié des cas, l’infarctus n’est précédé d’aucune manifestation douloureuse qui permette la survenue de son apparition. La crise cardiaque se manifeste par une douleur violente du même type que l’anxiété, mais généralement plus intense et plus longue (plus de 30 minutes à plusieurs heures). Elle rayonne souvent plus largement dans les deux bras, la mâchoire et le dos. Dans certains cas, la douleur est associée à une augmentation de la pression artérielle, suivie d’une diminution persistante. Dans les 24 à 36 heures, une fièvre d’intensité moyenne apparaît et diminue progressivement. Certaines crises cardiaques, dites non reconnues ou ambulatoires, ne se manifestent par aucun signe clinique – elles ne sont détectées qu’accidentellement lors d’un électrocardiogramme.

Diagnostic

Le diagnostic peut être posé dès les premières heures par deux examens complémentaires: d’une part le dosage, dans le sang, des enzymes cardiaques, qui montrent une augmentation de la créatinine kinase, d’autre part l’électrocardiogramme, qui montre les signes d’une souffrance aiguë du myocarde (nécrose des ondes Q) lors de l’arrêt de la circulation sanguine dans l’une des artères coronaires.

Traitement

Le traitement consiste en une hospitalisation d’urgence, sous surveillance électrocardiographique permanente et soumise à un traitement thrombolytique (injection d’une substance visant à détruire le caillot, comme la streptokinase et l’urokinase). Le patient reçoit de la trinitrine, qui exerce un effet vasodilatateur sur les artères coronaires. D’autres médicaments (bêta-bloquants, aspirine, héparine) sont également associés à l’objectif de réduire les besoins en oxygène du muscle cardiaque et de prévenir une rechute en formant un nouveau caillot.

En parallèle, une radiographie des artères coronaires permet de décider d’une éventuelle déconstruction de l’artère obstruée. Cela se fait par angioplastie transcutanée: une sonde à ballonnet est introduite à travers la peau puis poussée dans la circulation artérielle jusqu’à l’artère coronaire, qui est dilatée par le gonflement du ballonnet. La coronarographie présente également l’avantage de permettre un équilibre des lésions, si elle révélait de multiples lésions (plusieurs artères étroites), une ponction aorto-coronarienne pourrait être proposée.

Évolution et complications

Une hospitalisation pour crise cardiaque peut être prolongée, selon la gravité de l’accident vasculaire, pour une période d’environ une ou deux semaines. La reprise d’activité est le plus souvent possible dans un délai de 6 semaines (pour une petite crise cardiaque) jusqu’à 3 mois après la crise cardiaque. L’évolution de la maladie dépend dans une large mesure de l’étendue de l’infarctus, une mort subite peut survenir surtout dans les premières heures suivant la crise, ce qui justifie une hospitalisation le plus rapidement possible. Parfois, des complications surviennent même pendant les premiers jours: insuffisance cardiaque, rupture de l’un des deux pôles de la valve mitrale ou, plus rarement, perforation de la paroi cardiaque nécrotique.

Prévention

La prévention de l’infarctus du myocarde consiste principalement à supprimer les facteurs de risque: arrêt du tabac, traitement de l’hypertension artérielle, diabète ou hypercholestérolémie. La prévention de l’infarctus du myocarde implique également le traitement immédiat de toute anxiété.